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Décider de partir

Novembre, 2018

Partir en Tour du Monde !

Et si, 
décider était à la portée de tout le monde ?

Ce matin, après avoir savouré ma tartine grillée accompagnée de ma tasse de café, j’ai été inspirée. Inspirée par un article et son auteure. Inspirée de telle façon que l’envie (non pressante… mais plutôt intense) d’écrire, (de répondre ?) m’a littéralement envahie.

Décider, un impact sur l’avenir. 

Si je cite Isabelle Deprez,Tous les jours, nous devons prendre de multiples décisions, plus ou moins impactantes. Parfois, on se pose de nombreuses questions avant de trancher, quand d’autres fois, la réponse semble évidente. […] Il mérite donc qu’on s’y attarde en cette rentrée, puisque les décisions prises en septembre auront des répercussions tout au long des prochains mois“. 
Madame, vous prêchez une convaincue. Les décisions de septembre, mois symbolique, impacteront l’année 2019. Et sûrement les suivantes. 

Septembre, ce mois unique, à la croisée du retour de vacances et son lot de souvenirs estivals, de la rentrée des classes et du début automnal. 
Septembre, ce mois qui a vu naître cette décision, MA décision, qui impactera ma vie entière de femme et citoyenne du XXIème siècle. Cette décision ?

Celle de partirs’écouter et réaliser un rêve profondément enfoui. Un tour du monde. En sac à dos, en solo pendant 9 mois. J’ai caressé ce doux rêve pendant des années. Oui, des questions je m’en suis posée. Des tas! Résultat ? Je n’ai jamais osé réaliser ce rêve. 
Aujourd’hui, j’ai décidé : je pars. Je ressens que c’est LE moment. D’oserD’aller au bout. D’aller à ma rencontre. 
Un impact sur la suite ? J’en suis convaincue.

Pourquoi décider ce Tour du monde MAINTENANT ?

 

Madame Deprez interpelle « l’ « artiste décideur » [qui] serait bien à même de réfléchir à la façon dont il peut déployer son talent, car à trop vouloir entrer dans le moule des process et de la standardisation propres aux grandes bureaucraties, il court un risque majeur : celui d’éteindre dangereusement sa propre flamme. »

 

DANS LE MILLE Madame Deprez! Tout est dit. Si j’ai décidé ce départ maintenant, c’est que ma flamme avait du mal à se rallumer. Les cases, le moule. J’ai mis les deux pieds dedans. Comment ai-je pu laisser cette flamme s’éteindre ? Comment ai-je pu accepter de rentrer dans le moule en oubliant mes rêves, ma personnalité ?

 

Oui, c’est difficile de savoir exactement ce pour quoi on est fait, d’assumer sa personnalité parfois perchée dans un monde où il ne faut pas faire trop de vagues, d’être une femme entrepreneure et créatrice parmi des entrepreneurs repreneurs d’entreprise. Car si l’entrepreneuriat se présente comme le point commun entre nous, le reste n’a rien à voir. La création c’est partir de zéro, expérimenter pendant de longs mois, des années, rebondir et s’adapter en permanence pour trouver le bon modèle économique.

 

En parallèle, c’est tellement facile d’oublier ce qui nous fait vibrer, sourire, rire. Il est à présent temps de sortir du moule. Le challenge est d’en sortir définitivement. En douceur. Aujourd’hui, mes ailes sont prêtes à se déployer. Tel un aigle royal volant dans un ciel bleu éclatant, parcourant les cimes du monde entier. Oui, j’ai peur. Mais je me sens prête (dit-elle les yeux embués devant son ordi!)

Décider, un art ?

L’équation mentionnée par Isabelle Deprez (Décider = un art) tombe à pic : l’art est partie intégrante de ma vie et j’ai décidé de créer ma propre activité en 2015. Et pourtant… pourtant j’ai cet étrange sentiment de ne plus avoir décidé depuis longtemps. D’avoir « décidé » en me laissant portée par les flots, par le vent. En écoutant les conseils (multiples et variés) d’entrepreneurs, d’amis, de connaissances. Bref, de tout le monde doté d’un avis sur mon activité professionnelle. Au final, est-ce toujours une décision quand on réfléchit peu, moins, sans prendre de recul et de hauteur ? S’agit-il encore de « décider » lorsqu’on se laisse guider, sans résistance ? Ne suis-je pas devenue une sorte de « suiveur décidé » ou de « décideur suiveur » ?

Le processus de décision et la connaissance de soi

Le jour où… pourrait être le titre d’un énième livre, film. Pourtant, il s’agit bien d’un passage, d’une transition que j’ai vécue.

Ce fameux jour où j’ai ouvert/rouvert, posé/reposé mes yeux sur toutes ces beautés qui m’entouraient. Sur ces belles personnes autour de moi.

Je passais alors en vacances en Normandie avec mes parents, dans cette petite bicoque où, au-delà de 2 personnes, on se sent vite à l’étroit.

Certes. Mais c’est dans CE lieu et AVEC mes parents que j’avais envie de passer mes vacances. Comme une profonde envie de retour aux sources. Car c’est notamment dans cette maison, dans ce jardin, qu’enfant, j’ai développé mes cinq sens

Décider et suivre mon intuition

Au collège, lycée, université, qu’est ce que j’ai pu SOUFFRIR lors des examens. Apprendre ses cours. Mon angoisse. Bonne élève, sacrée bosseuse. Je ne comprenais pas pourquoi avec la masse de travail abattue, mes notes n’atteignaient pas des plus hauts sommets. J’apprenais mes fiches pour un examen, donc pour une date précise. Autant vous dire que la chronologie de la descendance de Pépin le Bref, il n’en reste pas une miette dans mon cerveau. Alors les dates… Pourquoi je ne retenais rien ? Pendant des années, j’ai cru que ma mémoire me faisait défaut. Que je faisais partie de ces gens qui n’ont pas de facilités et que je devais vivre avec. Une professeure de français m’a dit en classe de seconde, qu’il fallait que je pense à m’orienter vers des études courtes. Selon elle, mes capacités intellectuelles semblaient limitées et le bac général une illusion. Douche froide. Que dis-je, GLACEE! Je ne sais qui, d’entre ma mère et moi, fut la plus choquée. La suite est simple : j’ai refait une seconde (avec une autre prof de français!), passé mon BAC ES et j’ai fini avec un MASTER de géopolitique. J’avais suivi mon intuition toutes ces années. Et j’avais eu raison.

Décider et comprendre le mécanisme de son cerveau

C’est véritablement mon ostéopathe qui m’a accompagnée dans cette découverte des processus d’apprentissage. Quelle sacrée étape !
Un jour, en pleine consultation, nous entamons, comme à notre habitude, une discussion animée. Je lui annonce fièrement que j’ai compris que j’avais un profil « visuel ». Etrangement, en le lui annonçant, une partie de moi n’en était pas totalement convaincue. Etrange sensation. Il n’y avait pas d’autres cases, donc je DEVAIS rentrer dans l’une d’elle. De façon inattendue, mon ostéo, alors en plein massage à triturer (avec douceur, je précise) mes cervicales, émet un rire léger. Je me redresse légèrement et l’interroge du regard.

Vous n’êtes pas une visuelle Laura.

Je replace ma tête pour poursuivre le massage. Je tente alors :

Je suis peut-être auditive alors ai-je dû lui répondre sans aucune conviction.

Rebeulotte! Mon ostéo émet A NOUVEAU un rire léger. Je me redresse un peu plus énergiquement et l’interroge du regard.

Vous n’êtes pas une auditive Laura.

Non mais dites donc! (oui, je parle avec beaucoup de naturel à mon ostéo, à mon docteur etc). Si je ne suis ni auditive, ni visuelle, je suis quoi ? Faut bien que je rentre dans une case! En disant cette phrase, électrochoc. Merde. Les cases. Les fameuses cases « sociétales ». L’angoisse!
Démunie face à cette nouvelle, mon ostéo m’explique avec toute sa bienveillance que je suis un profil kinesthesique. Ki quoi ? Il m’invite à approfondir mes recherches.  J’ai compris tellement de choses ce jour là! Etymologiquement, la kinesthesie vient de kinésie (mouvement) et de l’esthésie (sensibilité, sensation). Il apprend par le corps, il retient et mémorise par les sensations. La voilà l’origine de ma souffrance à apprendre mes cours sur une chaise devant un bureau, à reproduire des formules mathématiques et physiques qui n’avaient aucun sens pour moi! J’ai attendu 32 ans pour le comprendre.

Anecdotes kinesthésiques

Je quitte Paris et je m’installe à Saint-Malo, ma nouvelle ville de cœur.

Avec un master de géopolitique je me retrouve à un poste de « développement commercial » dans les huîtres. Le rapport ? Etudiante, je travaillais quelques fois au marché (info pour le fisc : j’étais déclarée…) pour un ostréiculteur cancalais. Une solide amitié et un profond respect s’étaient installés entre nous. J’incarnais sûrement la fille qu’il n’avait pas eue. Les huîtres, je connaissais et il ne fallait pas me raconter des histoires en la matière. J’avais mis les mains dedans, j’étais allée sur les parcs ostréicoles pour mieux comprendre, j’en dégustais de toutes les régions, je rencontrais des ostréiculteurs de tout horizon, je les vendais fingers in the nose car je les vendais avec mon cœur et avec des anecdotes, du vécu.

Décider et assumer sa décision

La plus grande difficulté n’est pas tant de prendre des décisions que de les assumer (Serge Uzzan)

Là, on touche un point sensible. Annoncer à mes amis que je partais faire un TDM (Tour du Monde, ndlr) s’avère être une tâche simple finalement. On dit les choses. On se marre. Point barre. C’est dit.
L’annoncer à son réseau d’entrepreneurs c’est … différent. Ce jour là, j’ai compris. Prendre une décision, l’assumer c’est aussi accepter qu’elle ne parlera pas à tout le monde.
Certains m’ont sermonnée. Pourquoi partir ? Et ta boîte ? Sais-tu comment tu vas reprendre ton activité à ton retour ? Tu n’es pas professionnelle. Tu es cheffe d’entreprise tu ne peux pas abandonner ton navire!
Héhoooo! Quand j’ai crée ma société, je n’ai pas signé pour perdre mes ailes! Je suis entrepreneure car j’aime la liberté avant tout. Là, j’ai la sensation d’avoir un boulet au pied.

Il me manque ce petit je-ne-sais-quoi pour entreprendre PLEINEMENT. Je le sens.

Et d’autres (ouf!) qui ont souri… Qui m’ont dit de foncer, de vivre et de réaliser mes rêves. Que ce voyage allait me transformer et que j’allais en prendre plein les yeux.
Aujourd’hui encore, ma décision ne parle pas à tout le monde et je l’accepte. Je ne cherche plus à me justifier. J’écoute. Je réponds, je souris ou pas. Le plus important est qu’elle me parle à MOI.

 

Equation de la prise de décision 

Comment être un bon formateur si on ne connait pas son propre fonctionnement ? Comment écouter les participants si on ne s’écoute pas soi-même ? Comment s’adapter aux stagiaires sans comprendre la notion de profils (visuels, auditifs, kinesthésiques) ?
Quand je me suis lancée dans l’univers du vin, j’ai du ingurgiter tant d’informations qu’après mon niveau 3 du WineSet London j’ai fait une pause. C’est durant cette pause (et grâce à mon super ostéo!) que j’ai compris mon profil. Que j’ai crée mon blog Anna & Wine, que j’ai crée ma structure de formation en oenologie, en abordant la formation à travers nombre d’anecdotes vécues. En plaçant l’humain, le produit brut et sa place dans la nature, la pédagogie, le ludique au cœur de ma démarche.

Finalement, décider et assumer sa décision est à la portée de chacun d’entre nous. Pour résumer, on pourrait partir de l’équation suivante :

DÉCIDER = (suivre son intuition + se connaître soi-même + prendre de la hauteur) – faire fi du regard des autres. 

Et vous ? Savez-vous comment vous décidez ? Quelle est votre plus grande décision à ce jour ? Si vous l’avez prise, l’avez-vous mise en oeuvre ? 

Pour ce premier article, je vous embrasse encore depuis Saint-Malo.