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Mon trek à Laguna Verde, parc Torres del Paine

Janvier, 2019

Mon trek à Laguna Verde, parc Torres del Paine

Un premier trek pour marcher en pleine conscience

Mon premier trek au parc Torres del Paine

Ma tente installée au camping Pehoe, il ne me reste plus qu’a entamer ma journée de trek pour atteindre la Laguna Verde. Les pancartes indiquent 6h aller. 6h retour. J’espère faire moins. Non pas pour partager ma performance mais simplement pour ne pas avoir à marcher 12h.

La première partie du trek (1h environ pour atteindre le premier panneau indicatif) se révèle particulièrement ardue. Avec cette montée qui semble ne pas en finir et ce sol composé de sable et de particules de schiste finement découpées voire aiguisées, je doute de mes capacités physiques et mentales pour poursuivre jusqu’à mon but. Je suis seule, pour la première fois et l’émotion me gagne.

Un joli signe

Tel un signe du destin, je découvre, au début du trek, un bâton, pile à ma taille. Délicatement posé sur un rocher, sur le bas côté. Comme s’il attendait son prochain propriétaire, le temps d’un ou plusieurs treks. Comme s’il indiquait être prêt à accompagner un autre marcheur. Comme si son ancien propriétaire me le confiait. J’aurais pu passer complètement à côté de ce bout de bois. Il faut croire que je devais marcher en pleine conscience, en scrutant ce chemin.

Ce bâton m’a été d’une précieuse aide tout au long de la journée. Il a représenté ce soutien physique dont j’ai eu besoin pour atténuer le poids de mon corps et de mon sac à dos sur mes genoux. Et compenser les douleurs des ampoules…

Marcher en pleine conscience

Marcher avec conscience, on pourrait croire que c’est d’une facilité enfantine. Prendre conscience de son environnement, observer son souffle, écouter son corps parler. Ceux qui pratiquent la méditation, quel que soit la fréquence, le savent et l’ont certainement expérimenté. Il est très difficile à l’esprit de ne pas vagabonder, de ne pas partir dans des réflexions.

Prends conscience de la faune et la flore et la nature te le rendra

Heureusement, la faune et la flore ont veillé à me rappeler cet instant présent. Tout au long de mon périple, des oiseaux sont venus à ma rencontre. Mais aussi des guanacos en train de paitre tranquillement sur la crête. Deux lièvres ou lapins géants (si certains savent, qu’ils m’éclairent). Des rapaces. En prenant le temps de contempler cette nature, j’ai également observé des squelettes d’animaux (ils se confondent très facilement avec le bois mort, de couleur blanche tout au long du chemin)

Je contemple également la variété des paysages. Une alternance entre les lacs de couleur turquoise, les glaciers au loin, les arbres noircis, marquant les ravages probables d’incendie, jonchant le sol ou bien encore de petits arbustes verts entourés de fleurs jaunes. Parfois violettes.

Arriver à son but

J’arrive à mon but, la Laguna Verde mais je sens que je peux pousser encore jusqu’au bout du trek. J’ai mis 4h donc avec une pause et un retour équivalent, je devrais m’en sortir autour de 9h. Je décide donc de savourer ce soleil, allongée dans l’herbe avant de repartir. Prenant toujours soin de ne pas trop me refroidir.

Un retour difficile

Heure locale : 13h15. Il est temps d’aborder le chemin du retour notamment pour m’assurer de trouver une voiture qui me ramènera au camping. Et m’éviter donc de marcher 7 km de plus sur une route poussiéreuse ou les 4×4 roulent vite. Aucun intérêt de marcher pour marcher. La première heure se passe très bien mais je sens que quelque chose se passe au niveau de mes pieds. Je serre les dents en pensant fortement pouvoir physiquement rentrer sans trop de dégâts…

Quand le mental permet de tenir

Mon mental m’encourage à ne pas trop penser à ces pieds qui commencent sérieusement à me retarder. Mon bâton m’aide dans les montées à ne pas trop appuyer sur mes pieds. Le retour me semble long. Mais pas question de s’arrêter maintenant. Je m’arrêterai quand je serai arrivée au campement. D’ici là, le chemin à parcourir est encore de plusieurs heures…

Premier jour de trek et j’expérimente pleinement la marche consciente, en contemplant cette faune et cette flore spécifique à cette région. Et je fais les frais de bobos non négligeables puisqu’ils compromettent peut-être les jours à venir.