Sélectionner une page

Oser mes premiers auto-stops

Janvier, 2019

Oser mes premiers auto-stops

J’avais pourtant planifié mes 3 jours de trek mais rien ne s’est passé comme prévu.

J’ai pratiqué l’auto-stop pour la Première fois au parc Torres del Paine, Chili.

Finalement ce premier jour qui aurait pu me laisser un goût amer en Raison de mes ampoules, me redonne le sourire.

Merci à Manuel, Philippe puis Alicia et Ignazio d’avoir croisé ma route.

Mon premier pouce

Mettre son pouce en avant semble se présenter tel un geste simple à mettre en œuvre. En tant que tel, oui ça l’est. Il suffit de placer son pouce sur le côté. Et d’attendre. OUI, mais quand c’est la première fois, il y a un gap. Une étape à franchir. Suis-je prête à faire confiance ? Suis-je en mesure de rentrer à pieds dans le cas où je ne veuille pas tenter le pouce ? La réponse est claire : non. Si je poursuis ma marche avec ces plaies ouvertes, je me déboîte la hanche. Pas le Choix. Il va me Falloir montrer ce pouce.

Mes premiers refus avec mon pouce

Je vois une voiture arriver. Je sors mon pouce timidement. On me fait signe que pas de place. J’essuie ainsi presque une dizaine de refus. L’envie de pleurer me gagne. Mes pieds ne me portent plus. Mon programme s’annonce clairement compromis pour les jours à venir. Et personne ne m’aime. 

Avec du recul je trouve ça intéressant de remarquer que l’on prend les choses pour soi. Ces gens ne me connaissent pas, je ne devrais donc pas le prendre personnellement.
Je me mets tout de même en marche en pensant qu’une voiture aura forcément pitié de moi sur cette route poussiéreuse. 

Dernière tentative de pouce

A bout de souffle et légèrement au bord de la crise de larmes après mes 20 km, je me lance dans une dernière tentative. Le pouce en avant, je prie l’univers de ne pas tomber sur un fou ou une folle qui veuille me manger toute cru. 

De toutes façons je ne pourrai pas m’enfuir en courant. Mon sort est donc entre les mains de Dame nature, ma grande amie. 

Manuel arrive sur la route et sera ma première expérience d’auto-stoppeuse. Limitée, car il ne parle pas anglais, moi pas espagnol et que je suis à deux doigts de pleurer dans ces bras. Il me dépose au campement. Je suis vivante. Et entière. 

Rentrer à Puerto Natales, pouce en avant

3 nuits, 4 jours se sont passées dans ce campement. A présent, Il est temps de rentrer à Puerto Natales. Pour cela, il me faut à nouveau mettre le pouce en avant. A l’entrée du camping, ma tête retient à nouveau ce pouce, chaudement installé dans ma poche.

J’ai besoin de temps. Alors je vais prendre un café. Pour me réchauffer. Pour faire passer le Temps. Peut-être aussi pour me donner du courage. Je reviens au niveau de mon sac à dos avec mon café americano presque débordant. Cela va faire 30 min que je n’ose pas.

Une voiture arrive. Je sors mon pouce, sans réfléchir et souris timidement. On me fait signe. La Voiture s’arrête un peu plus loin. Je renverse mon café et j’embarque mes affaires. C’était le café chaud ou la voiture. J’opte pour la Voiture. Philippe est au volant avec 2 clients australiens qui acceptent qu’il me fasse monter. On se marre bien pendant ces courtes 10 minutes. Ils ne m’ont toujours pas mangée, je suis toujours vivante.

Vers l’adminstracion

J’arrive à l’administracion pour attendre mon bus vers 13h. Il est 10h. Soit. J’attendrai 3h.
Bien évidemment… ça ne se passe pas comme prévu. Le bus ne s’arrête pas à cet endroit si Je n’ai pas de ticket. Bien entendu, je n’ai pas de ticket. Pour acheter un ticket il me faut me rendre à 12 km à la zone Pudeto.
Retour en arrière. Clairement mes pieds, dont les ampoules se sont formées à nouveau, malgré mes pansements magiques, m’empêchent de me lancer dans des marches de plusieurs kms avec ce sac à dos, contenant tout le matériel de camping, qui pèse lourd.

Parler français

Bingo, on va au même endroit et ils parlent français. Alicia et Ignazio doivent prendre le bateau à Pudeto, ils sont assez pressés. Je grimpe rapidement et nous voici en route.
Partage d’expériences, d’anecdotes, de nos Ressentis, de notre Façon d’aborder les voyages.
Ce couple respire la gentillesse. Je pourrais être leur fille. J’écris d’ailleurs cela sans savoir s’ils ont des enfants. Je ne pose pas de questions. Non par Désintérêt. Juste car ce n’est pas le bon moment.
Ils me demandent mon programme des prochains jours.

Covoiturage à venir

Arrivés à la zone Pudeto, Alicia se précipite pour s’assurer que le bateau les attende. Elle me propose alors de covoiturer le lendemain pour atteindre El Calafate au lieu de prendre le bus. Les numéros échangés, ils montent sur le bateau.  Je leur écrirai en arrivant à mon auberge pour définir heure et lieu de rendez-vous.
Je sens que covoiturer avec ce couple est ce que je dois faire. Alors j’écoute mon Intuition.

Mon Programme a été Chamboulé oui. Fortement. Mais sans ces chamboulements, je n’aurais pas fait mes premiers auto-stops. Je n’aurais pas rencontré Alicia et Ignazio et nous n’aurions jamais covoiture ensemble. Ralentir c’est peut-être ça la clé. Ça ouvre grand le champ des opportunités…